Quel avenir pour notre agriculture de montagne ?

Pour rejoindre la réflexion de Karine Le Marchand, la dynamique animatrice de M6, la sortie du confinement nous a collectivement amenés à remercier et à gratifier soignants, éboueurs, caissières de supermarchés… pour leur exposition au risque et leur engagement sans faille à assurer le confort de tous … en oubliant trop souvent nos agriculteurs, ces «héros du quotidien » qui restent invisibles, mal considérés quand ils ne sont pas taxés des maux de notre environnement.
Lorsqu’on évoque des revalorisations salariales ou de retraite, ils sont systématiquement oubliés. Et pourtant, ils tirent leur revenus de la redistribution des richesses, pas de la vente de leur production !
Tel était le marché passé avec la profession après la seconde guerre mondiale.

Quel changement pour eux après le confinement ?


L’agriculture française se trouve dans une situation contrastée. La vente directe est ouverte aux producteurs qui commencent, pour certains, à en bénéficier. Elle est cependant confrontée à des non sens : par exemple, notre agriculture biologique est soumise à des normes plus rigoureuses que celles de ses concurrents européens dont on retrouve pourtant les productions sur nos étals…
De façon plus générale, notre agriculture croule sous les normes, comme d’ailleurs une grande partie de notre économie. Elle croule sous les taxes, comme l’ensemble de nos entreprises.

Signe des temps, nos agriculteurs sont de plus en plus déconsidérés ; ils sont tenus pour
responsables de pollutions, de la mauvaise alimentation ou de la maltraitance animale : le glyphosate, les OGM, les antibiotiques, les abattoirs … font régulièrement la une de l’actualité, une actualité trop souvent issues de croyances en grand décalage avec les conclusions scientifiques.

Ils sont souvent incriminés sur la question du réchauffement climatique : méthane, labourage, transport des productions … dans l’ignorance des efforts et progrès des filières et sous l’accusation d’être un frein à la transition énergétique !

Ajoutez à cet « agribashing », le sacrifice de secteurs d’activité hexagonaux sur l’hôtel des avantages comparatifs, un sacrifice acté par les grands accords commerciaux, tels le CETA avec le canada, l’accord Océanie à venir cette année… un sacrifice qui concerne au premier chef nos producteurs ovins et bovins.

L’agriculture était traditionnellement nécessaire à la subsistance des habitants de nos vallées. Depuis des millénaires, elle a façonné paysages et habitants. Rendant les pentes plus sûres, elle a permis à l’homme de s’y installer et se développer et y prospérer.
L’élevage ovin est ancestral. Il se pratiquait sur trois étages, au rythme des saisons, en vallée pendant les saisons froides, puis des zones intermédiaires vers les estives l’été. La dimension réduite de ces exploitations traditionnelles et le coût exorbitant du matériel spécifique à l’agriculture de montagne n’en permettent plus la viabilité. L’agrandissement des exploitations ou le passage aux bovins, altèrent l’état d’entretien des sites traditionnels dont les zones intermédiaires. Ces zones intermédiaires se referment sous la végétation, les rigoles, sentiers et parfois même les granges sont abandonnés. Des risques naturels jusqu’ici contenus peuvent même ponctuellement resurgir.

Cependant, notre habitat et nos activités économiques, en majeure partie tournées vers le tourisme, en sont très dépendants.
Les exploitations disparaissent, à Cauterets, comme sur tout le territoire des vallées des Gaves. Le travail y est difficile et spécifique et le savoir se transmet mal. Comme partout en France, les agriculteurs sont âgés, les vocations rares, et restent une affaire de passionnés.

À partir de cet automne , se discutera l’avenir de la Politique Agricole Commune. La commission demande aux États membres de rendre leur Plan Stratégique National ( PSN ) avant le 1er janvier 2021.
Ceux-ci seront élaborés en assemblées délibératives publiques, qui, en outre, permettront aux Régions et à l’État de définir leurs propres stratégies sur la période de cette nouvelle PAC. En 2022, le parlement et le conseil de l’Europe auront ratifié cette nouvelle politique qui deviendra alors opérationnelle

La figure ci-dessus liste les 9 objectifs thématiques de la future PAC, et, en violet, un dixième objectif transversal de modernisation.

Ils interrogent de nombreuses problématiques nous concernant, que ce soit sur un plan environnemental, sur des questions purement agricoles, ou sur l’économie des filières. Parce que ces assemblées définiront également les stratégies nationales et régionales, il est essentiel de nous inscrire dans cette démarche et de nous engager à y participer, en lien, bien évidemment, avec nos exploitants, et notre communauté des communes qui reste maître des questions économiques des Vallées des Gaves. Faire reconnaître l’ensemble des problèmes de nos territoires et de leurs agriculteurs, à un moment où se dessine l’avenir de l’une des deux politiques intégrées Européennes est un enjeu essentiel pour nos vallées, leurs habitants et leur avenir.

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